1750 : ANGE-JACQUES GABRIEL DRESSE LES PLANS DU PAVILLON DU BUTARD

Construit sur une butte légèrement remblayée de la forêt de Fausses-Reposes pour offrir une vue pratiquement panoramique, le Pavillon du Butard fut commandé par Louis XV à son Premier Architecte, Ange-Jacques Gabriel. Celui-ci a été notamment l’auteur des plans de l’Opéra royal de Versailles, du Petit Trianon, de la place Louis XV – aujourd’hui Place de la Concorde – ainsi que de l’école Militaire.

Construit en quatre ans, le Butard est le plus ancien des pavillons de chasse des environs de Versailles. Son architecture et sa décoration extérieure et intérieure ont été le sujet de nombreuses recherches, notamment par l’historienne de l’art Marie-Marguerite Roy et l’Association d’histoire locale « Il Était une fois La Celle Saint-Cloud ». Il se présente « avec un avant-corps en légère saillie, percée d’une grande porte vitrée et d’une fenêtre d’attique surmontée d’un fronton dont la sculpture représente une scène de chasse, un sanglier coiffé par des chiens » 1.

Marie-Marguerite Roy souligne que « Ange-Jacques Gabriel signe avec le pavillon du Butard un des premiers édifices affichant son style si caractéristique et menant au néoclassicisme du règne de Louis XVI : les façades sont entièrement recouvertes de bossages continus, les baies en plein cintre sont inscrites dans un renforcement rectangulaire et surmonté d’une agrafe à clef. À travers ces quelques éléments, le Butard se place dans la suite immédiate du pavillon français de Trianon (1749), qui résume le style de Gabriel. […] »2.

Le journal de Louis XVI prouve que celui-ci avait également ses habitudes dans nos forêts.

Adjugé comme bien national en 1794, le Butard devient propriété de Joséphine de Beauharnais à l’occasion de l’agrandissement du Domaine de la Malmaison. Il revient à l’état après le divorce de Joséphine et de Napoléon Ier. Charles X et Napoléon III le fréquentent ensuite. Il est dégradé par les Prussiens en 1870 et sa gestion est confiée en 1872 à l’Administration des Eaux et Forêts.

Différentes célébrités profitent de sa location ou de sa mise à disposition, notamment Edmond Blanc, fils du fondateur de la Société des bains de mer de Monaco, propriétaire-éleveur de chevaux de course, qui le loue afin d’éviter la chasse aux alentours et les coups de fusils susceptibles de déranger ses poulinières et le couturier Paul Poiret qui le restaure, l’orne et y organise des réceptions somptueuses, dont les « Festes de Bacchus » en juin 1912.

Il est ensuite classé Monument Historique le 29 août 1927 et a abrité un temps les collections de l’Association « Le Vieux Marly ».

Article écrit à partir des informations rassemblées et rédigées par l’Association d’Histoire locale et l’archiviste de la ville à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine 2016.

1 Docteur Ed. Christen, Le Pavillon du Butard, Editions du « Vieux Marly », [1926], p. 5.

2 Marie-Marguerite Roy, « Le Butard et la Muette, deux pavillons de chasse d’Ange-Jacques Gabriel pour Louis XV, Cahiers de l’École du Louvre, Recherches en histoire de l’art, histoire des civilisations, archéologie, anthropologie et muséologie, n°6, avril 2015, p. 28.


Fausses-Reposes

Cette forêt de 631 ha, propriété de l’Office National des Forêts, tire son nom d’un terme de vénerie désignant une feinte de l’animal poursuivi autrefois lors des chasses à courre. Elle s’étend entre les Yvelines et les Hauts-de-Seine.